30.04.2006
BKO
Depuis l'arrivée au Burkina, la route est très monotone : paysage plat et sec, brousse, quelques arbres qui résistent, quelques maisons éparses, des ânes et des carrioles... C'est marrant au début, on se sent vraiment en Afrique (bien qu'il manque quelques girafes ou éléphants pour compléter le tableau stéréotypé). Mais après 1000 km, çà saoûle!
L'arrivée à Bamako a comblé nos attentes : des petites collines, du vert (on avait oublié l'existence même de la chlorophylle!), des amats de pierre (d'où viennent-ils?). Mais rapidement, le béton, les échangeurs, les panneaux publicitaires géants nous rappelle qu'on arrive dans une capitale. L'arrivée à Bamako est assez impressionante. On se croirait limite dans une ville du sud de la France, genre Marseille.


Finalement, Bko est vraiment une ville africaine : c'est le bordel, des motos et des taxis partout, des vendeurs ambulants, les vendeurs ambulants, les klaxons, les charettes... et LE FLIC qui nous arrête direct ("hmmm, des toubabous...") pour "faute grave", "conduite dangereuse" : on a tournée dans une rue à gauche sans se déporter suffisamment sur la gauche de la voie... On attendait impatiemment de voir l'intitulé du procès-verbal qu'il allait pouvoir nous dresser! "Ah, mais on fait pas de reçu, ici" -"pas grave, on va au poste de police où ils en font" -"oh, mais c'est loin d'ici" -"Cà nous fera découvrir la ville". On était zen, dans notre droit et, très important dans toute négociation en Afrique, on avait notre temps! De guerre lasse, il nous a laissé partir!
Refusés par toutes les missions catholiques de la ville (le concubinage, çà ne passe pas!), on a suivi les traces de notre illustre mentor Alexis (theghanatouch.blogspirit.com) et on a dormi à l'auberge Jatiguiya, la plus chaleureuse de Bamako.
D'autres toubabous y habitaient aussi. Tout au long de notre voyage, les rencontres avec les autres jeunes blancs en terre africaine sont similaires : la tension est palpable, leur regard mauvais... Ici comme avant, pas de salutations de leur part (alors que tout le monde se salue au Mali!!). Ils se croient les seuls à tenter cette "aventure" et s'offusquent de rencontrer d'autres blancs dans des hôtels conseillés par le Routard! Et ils motivent leur séjour en Afrique par la découverte de populations accueillantes et ouvertes, par l'attrait d'une vie en communauté, l'ouverture aux autres... Heureusement, notre séjour à Bamako nous a offert d'autres rencontres : Marie-Paule (prof retraitée qui creuse des puis dans les camps touaregs), Tidiane, Alahidi, et les autres...
Bamako, c'est...
- un centre grouillant de vie, parfois étouffant, entourée de petites collines de verdures où l'on retrouve le calme et la fraîcheur et où l'on apprécie un point de vue imprenable sur la ville
- une ville moderne, avec ses salles de cinés dignes de nos salles françaises, avec son musée du Mali esthétique et pédagogique, avec ses boulangeries (hmm, le pain au chocolat à la française), avec ses lieux de concerts, ses hôtels de luxe, son Assemblée nationale accueillante (on a même pu assister à une session parlementaire, avec ses touaregs en cheich dans l'assemblée!)

- une ville où il pleut!!! Il a fait si chaud pendant la saison sèche que la pluie est arrivée plus tôt.
Les passages dans les capitales sont aussi l'occasion de se poser, de réfléchir à la suite du périple, de faire sa lessive, de changer de l'argent, de manger diversifié... Très utile, mais on a vite envie de repartir! On a prévu de prendre le train samedi soir (ou dimanche matin... ou dimanche soir... on ne sait jamais quand le train partira!) pour Kayes et ensuite le Sénégal.
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